vendredi 17 octobre 2014

Mon monstre à moi...


Quelque part en moi sommeille un monstre,
qui parfois sans crier gare, 
se réveille à mes dépens.

J'aimerais qu'il s'en aille, mais de temps en temps,
c'est plus fort que moi, je tends l'oreille un instant.

Il me bassine de vieilles rengaines, m'invite à m'enfoncer,
un peu plus loin dans les méandres de ma pensée.

Il me susurre à l'oreille, 
sournois, m'appâte avec ferveur,
et je me laisse entraîner,
par sa musique d'horreur.

J'aimerais qu'il n'existe plus.
Mais le renier le renforce.

Et si au delà de cette tonitruante musique,
n'y avait-il pas là quelques pistes,
qu'il faudrait voir avec le coeur,
et entrevoir peut-être ainsi, la mélodie du bonheur.

mercredi 1 octobre 2014

Comme une évidence...

Exploratrice. Ne l'ai-je finalement pas toujours un peu été ?

Quand à dix-huit ans, le bac en poche, j'avais choisi le pays du tea time et des beatles, et sa surprenante capitale London pour première aventure. Un boulot qui alliait garde d'enfants et tâches ménagères, soit le combo gagnant de la fille au pair, m'assurait ainsi une totale immersion parmi nos amis les anglais.

Quand dix-mois après, je retrouvais ma chère terre, et découvrais par la même occasion un nouveau lieu de villégiature. Peu adéquat certes à mon caractère aventurier, il m'offrait néanmoins la possibilité d'étudier ce qui m'avait précédemment fasciné; les langues où l'art de communiquer avec des êtres humains d'autres contrées. 

Quand le temps d'un été, appelée à d'autres virées, je m'essayais une nouvelle fois à la "carrière" de fille au pair. Et quand quelques années après, je réitérais à deux fois l'exploration d'autres horizons.

Partir, encore et toujours. Pourquoi ? J'avais beau partir loin, à la découverte de nouveaux terrains, j'avais toujours au final, l'impression d'un terrain vague. Je compris alors que ces explorations, qui certes étaient d'une richesse indiscutable, n'arriveraient jamais vraiment à me combler. Le temps était venu de "m'explorer".

J'y suis allée progressivement, par tâtonnement. Un peu comme un spéléologue devant sa première cavité. Parée de ma frontale et de mon baudrier, les premiers pas ont toutefois été bien hésitants. Il m'a fallu m'essayer à plusieurs techniques, pour finalement trouver la force et l'envie d'y aller vraiment. De s'enfoncer un peu plus encore. D'aller côtoyer l'obscurité, de toucher les parois abruptes, les failles. Et découvrir, alors que l'on se croyait égarée, des puits de lumière, une vie souterraine jusqu'alors insoupçonnée.

Je me suis toujours plu à raconter et partager ces avancées. Avec réserve et pudeur dans un premier temps. Puis, alors que les barrières cédaient, je me suis laissée aller à davantage de transparence et de sincérité. Voilà ce qu'aujourd'hui entre autres je peux faire. Témoigner. De ce chemin, des difficultés. Des extraordinaires découvertes, des monstres cachés. Des lucioles qui même le jour levé ne ternissent pas de leur lumière. Et accompagner. Accompagner avec ce qu'il m'est donné de partager, celui désireux d'entreprendre à son tour, cette incroyable exploration.


vendredi 19 septembre 2014

Au pays de la perfection, un monde où l'on peut vivre seul bien longtemps...

Le pays de la perfection est déroutant. C'est un monde d'apparence extraordinaire, tant et si bien qu'il emprisonne par son illusion. C'est un monde où l'intimité et l'altérité sont les choses les plus redoutées, car s'exposer au regard de l'autre, c'est prendre le risque d'être vu imparfait.

Alors, le voyageur qui aura choisi ce monde, naviguera seul, déterminé, contre vents et marrées. Sa force et son courage en feront rêver plus d'un. Prenant en main son destin, où serait-ce là un mirage ? 

Exigeant, rigide et froid, surtout envers lui-même, l'erreur ne sera pas tolérée dans ce pays sans pitié. Le voyageur aguerri, féru d'autonomie, étouffera ses émotions, pour éviter toute relation. Certains y résident toute une vie, d'autres souhaitent explorer d'autres contrées.

Je viens de ce monde là. Fini pour moi mon flamboyant trois-mâts. Je l'ai troqué pour un optimist et découvre un pays, où douceur, altérité et intimité sont d'heureux invités. J'apprends, doucement, à apprivoiser ce nouveau bateau, tel un apprenti matelot. Qu'est-ce que ça fout les jetons, mais dieu que c'est bon ! 

mardi 9 septembre 2014

"Voyage au coeur de soi..."

Se demander un peu plus chaque jour ce à quoi on aspire, et pour ça, observer. Etre attentif à ce qui nous met en joie, à ce qui nous fait sourire, à ce qui nous émeut, à ce qui nous donne des ailes...Tel un explorateur qui partirait à la découverte de contrées lointaines, bien équipé, boussole, carte, loupe en main. A la différence près que l'on ne part pas bien loin, tout est là, tout près. Cela ne veut pas dire pour autant que le voyage soit simple, loin s'en faut, il peut s'avérer même fastidieux. 

Et en même temps, le "jeu" en vaut largement la chandelle. Ce voyage au coeur de soi regorge de trésors : découvertes de terrains insoupçonnés, de ressources ignorées, de rencontres inestimables. Se poser, prendre du recul, voir ce que cette aventure éclaire, quelles nouvelles cartes se dessinent. 

Et puis, assumer ce qui émerge comme une évidence. Là aussi périple tumultueux, dont l'un des plus grand corsaire s'appelle la peur. Peur d'échouer, de ne pas être à la hauteur, peur que la réalité soit un peu moins magique que le rêve. Rêve dans lequel il est si douillet de se lover, de se complaire. Et puis y aller, oser, poser une première pierre à l'édifice, concrétiser. Comme un grand plongeon dans une mer obscure dont on ne voit qu'à la surface, mais dont on sait qu'elle est remplie de vie. Car c'est bien cela dont il s'agit, VIVRE, et offrir au monde un peu plus de soi.





lundi 11 août 2014

Exploratrice des temps modernes ce sera...

Réflexion au soleil autour d'un café, en short et
havaïnas, ponctuée de la lecture du dernier
livre "Committed" d'Elizabeth Gilbert
= That's a Job In Joy for me!
Nouvelles envies, nouvelle fonction donc pour ce blog, laissé à l'abandon depuis bien trop longtemps. Il sera, c'est décidé (mais pour combien de temps ;-)), le témoin de ma vie "d'exploratrice des temps modernes". Rencontres, réflexions, inspirations, je laisserai libre cours à mes envies. Car finalement, ça y est, je suis vraiment prête à vivre mon "Job In Joy", à être moi et juste moi, et l'assumer, surtout ! 

Alors oui "exploratrice des temps modernes" ça veut tout et rien dire, et ça fait pas très sérieux quand même, vous comprenez. Tant pis pour les plus frileux qui me croient définitivement perdue pour la France, (ou le monde, peu importe). Mais en même temps c'est moi, ce que je veux de ma vie et être à la vie : découvrir, expérimenter, apprendre, m'émerveiller, me casser les dents, recommencer, oser, rêver, et plus encore !

A très vite, donc...

jeudi 12 décembre 2013

(En)jeux de société - Quel place a le jeu dans nos vies ?

Intriguée par la conférence intitulée "(En)jeux de société", "inspirée" par la FDJ, à la Gaité Lyrique, c'est curieuse de savoir ce qu'il peut s'en dire que je m'y rends.

Après une introduction du président de la FDJ, Christophe Blanchard–Dignac, c'est au tour de Raphaël Enthoven, philosophe, d'introduire le sujet. Selon lui tout est joué dans la vie, nous jouons tout le temps, la vie est un théâtre. Lorsque nous observons une peinture dont les deux dimensions laissent libre cours à notre imagination, en lisant, devant un film, bref, tout serait question de jeu. Jouer nous permettrait de relever le défi de l'incarnation, mais attention à ne pas se la jouer. C'est donc sur cette idée que tout est un jeu, que les jeux commencent. 

Autour des différentes tables rondes, Faut-il croire à sa chance ?,  Quel rôle joue le hasard dans nos vies ?, Qui ne risque rien n'a rien ? on y trouve du beau monde. Des philosophes, anthropologues, historiens, et des sportifs tel qu'Isabelle Autissier, Marion Bartoli ou encore Jacques Laffite. Du beau monde pour jouer au jeu des questions-réponses.

Des différents échanges, il en ressort qu'il serait davantage question de saisir sa chance qu'au fait de croire à sa chance. On préfère même à la chance, le terme d'opportunisme, dans son côté le plus noble, qui est celui de se saisir d'une occasion qui se présente à nous.

Question de jeu, on nous parle de son utilité sociale. D'abord dans l'enfance, où il permet de stimuler l'audace, d'apprendre à oser, de se confronter au risque, toute proportion gardée. De ce merveilleux apprentissage, nous ressortirions armés pour jouer dans la cour des grands. Mieux, jouer actionnerait notre optimisme, car qui ne l'est pas, ne joue pas.

Si l'on prête beaucoup de vertus au jeu, garde à celui qui s'y laisserait prendre. L'adrénaline provoquée pourrait devenir dans certains cas addictive. Notamment en ce qui concerne les jeux d'argent. Qui, bien qu'ils puissent représenter une sorte d'espérance, cela reviendrait pour certains à sacrifier sa propre liberté et soumettre la félicité à l'extérieur de soi.

Quelle vie serait celle mener comme un jeu ? Un jeu dont on calculerait les prises de risques, guidé par l'audace. Ou l'on réhabiliterait une motivation intra-sèque, par le jeu et la prise de risques, pour donner plus de place à la passion ? Et le jeu en entreprise ? Si l'on en croit ses vertus, ne faudrait-il pas jouer davantage, plutôt que de jouer au jeu du plus fort ?


mercredi 4 décembre 2013

Avoir et faire confiance...

J'assiste jeudi dernier à une conférence de Xavier Fontanet, ancien PDG d'Essilor, à la Faculté de Philosophie de l'Institut Catholique de Paris. Quel personnage se cache derrière ce titre accrocheur ?

Xavier Fontanet présente la confiance comme le plus grand actif de l'entreprise. La confiance s'incarne, se gagne. La confiance passe d'abord par la confiance en soi, dont la limite à ne pas franchir est celle de l'arrogance. Celle-ci nous permet ainsi de donner sa confiance à l'autre, qui implique le lâcher prise car nous ne pouvons tout contrôler. Avoir confiance en l'autre, c'est donner à l'autre la responsabilité de ses actes. Il en tire ainsi le fruit de ses réussites comme de ses échecs. C'est sa croyance en un génie dans chacun de nous qui le pousse à faire valoir les individus qui compose son entreprise et cite : "L'être humain est universel s'il est absolu dans sa spécificité". Il prône les organigrammes plats, qui limitent ainsi la bureaucratie, bureaucratie qui selon lui, amenuit l'autonomie et la responsabilisation des individus.

Xavier Fontanet parle également de la concurrence. Il nous fait part d'une ou deux anecdotes, sincères. Fait un parallèle avec le sport, et plus particulièrement l'affront de Sampras et Roger Federer à Wimbledon, ou comment cette concurrence a permis à l’élève de dépasser le maître. Il présente la concurrence comme un autre nom qu'il faut donner à la liberté. Il soutient que celle-ci, quand elle est acceptée, permet de faire grandir les hommes. Le temps passe, et c'est déjà l'heure de la fin. Si notre curiosité a été aiguisée, elle pourra être comblée par la lecture de son ouvrage "Si on faisait confiance aux entrepreneurs".