Libération organisait, les 22 et 23 juin, dans l'enceinte du MACVAL, deux jours de débats sur les enjeux de la culture et du savoir intitulé "Va voir, Va savoir !"Une conférence m'intéressait particulièrement, "Les (trop) grandes écoles". Invitées au débat : Isabelle This Saint Jean, vice-présidente du conseil régional d’Île-de-France en charge de l’Enseignement supérieur et de la recherche et Florence Noiville, journaliste, auteure de "J’ai fait HEC et je m’en excuse".
Alors qu'Isabelle This Saint Jean défendait l'augmentation du niveau de qualification du plus grand nombre ainsi que l'attribution de plus de moyens pour les universités, Florence Noiville posait la problématique du contenu de l'enseignement des grandes écoles.
Pour la première, le système français est omnibulé par le tri de l'élite. Dès les premières classes, les élèves sont posés en situation d'échec et le premier tri s'effectue et celui-ci dure tout au long de la "scolarité" d'un individu. Pour ce qui est de l'enseignement supérieur, il ne donne pas les mêmes chances à tous et on voit se dessiner le schéma suivant :
- Les Grandes Ecoles où peu de mixité sociale est constatée et qui recueille l'élite,
- Les IUT et BTS qui étaient alors destinés aux bac professionnels et STG se voit pris d’assaut par un grand nombre de bacs généraux,
- Une partie des classes moyennes envoient leurs enfants dans des écoles privées (dont la qualité de l'enseignement de certaines n'a pas été prouvée),
- L'Université apparaît alors de plus en plus comme un choix par défaut, ce à quoi il faut absolument remédier s'insurge Isabelle This Saint Jean, (notamment en donnant plus de moyens à cette institution).
Pour Florence Noiville, le débat se matérialise ailleurs, celui du contenu pédagogique dispensé dans les grandes écoles. Outre l'autoroute d'accès, bien souvent déjà tracé : élève brillant, classe préparatoire, école, qui ne permet pas toujours de s'arrêter et de se questionner sur le sens donné à cet apprentissage, Florence Noiville pose surtout la question de ce qui y est dispensé. Les "techniques" et "outils" que l'on y apprend, sont les mêmes que ceux enseignés avant la crise des subprimes. Peu à peu, certains cours comme ceux d'éthique se créent, mais dans le fond, les choses n'ont pas réellement évoluées dit-elle, comme si rien ne s'était passé. On pourrait alors se demander quelle répercussion cela-a-t-il, que deviennent ces étudiants devenus managers aujourd'hui ? Pour les besoins de son livre, elle est allée interroger d'anciens camarades de promo, aujourd'hui à des postes clefs des entreprises, même refus de la réalité : "le bateau coule, peut-être, mais ma cabine n'est pas inondée".
Entre la dualité entre Université et Grandes Ecoles de plus en plus prononcée, et un enseignement dans ces dernières qui semble être resté figé dans le passé, il semble que beaucoup de choses seront à jouer dans les prochaines années, pour l'enseignement supérieur français.
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